L'aquifère des cailloutis de la Crau contient une nappe d'eau souterraine stratégique pour le territoire, dont le volume est estimée à 550 millions de m3.
Les cailloutis repose sur un substratum constitué par des formations globalement assez peu perméables : Pliocène argileux ou gréso-marneux sur la plus grande partie, et Miocène marneux et localement gréseux sur la partie orientale. Le Pliocène affleure sur les bordures des étangs des Aulnes et d’Entressen.
▪ La jeune Crau qui regroupe la Crau de Luquier et la Crau de Miramas.

L'épaisseur de cette formation alluviale est comprise entre quelques mètres dans les zones de hauts-fonds, et pouvant atteindre 50 m dans les paléo-chenaux formés par l'ancienne Durance.

Comment chemine l'eau qui coule sous nos pieds ?
La nappe d'eau douce contenue au sein des cailloutis est une nappe libre. Sa surface n'est pas contrainte par une couche de couverture imperméable, et se trouve en équilibre avec la pression atmosphérique.
La nappe s'écoule de manière générale du seuil de Lamanon au Nord-Est en direction du Sud-Ouest de la plaine vers la zone d'exutoire principale de la nappe. Cette zone de marais est constituée de laurons, puits naturels alimentés par l'eau de la nappe.
Vers le Sud-Ouest, les cailloutis de la Crau se prolongent sous les formations deltaiques de la Camargue, en s’épaississant, formant une partie sous couverture et contenant une nappe dite "captive", majoraitairement constitué d'eaux saumâtres à salées.


Deux axes de drainage principaux de la nappe parcourent la plaine, le premier du Nord au Sud et l'autre au Nord, partant de Lamanon en direction d'Arles. L'eau peut y circuler jusqu'à une vitesse d'écoulement de 3 mètres par jour tandis que la moyenne est d'environ 25 cm par jour. C'est sur ces axes que l'on retrouve la majorité des captages d'eau potable effectués dans la nappe.
Une recharge en partie artificielle
La nappe de la Crau a un fonctionnement très particulier par rapport au fonctionnement des nappes souterraines méditerranéennes classiques.
L'alimentation en eau de la nappe est majoritairement d'origine artificielle. C'est l'irrigation traditionnelle des prairies de foin de Crau, dite « par submersion », qui assure la plus grande part de la recharge de la nappe (entre 60 et 80%). La pluie complète cet apport principal.


Sur une grande partie du territoire, il en résulte un régime de fluctuations annuelles artificielles marqué par de hautes eaux en été (irrigations de fin mars à fin septembre) et un régime de basses eaux en hiver contrairement au fonctionnement classique des nappes méditerranéennes. Dans le sud-ouest, les variations montrent des niveaux de hautes eaux en hiver ce qui s’explique par l’absence de prairies irriguées dans ces secteurs et par l’influence de la pluie. L’amplitude des variations de niveau peut aller de 50 cm (secteurs non irrigués) à plus de 10 m (secteurs irrigués).

Le saviez-vous?
- 550 Millions de m3, volume de la ressource en eau souterraine
- 25cm/j : vitesse moyenne de l'eau dans le nappe
- 60 à 80% : part de la recharge de la nappe par les prairies irriguées par submersion
En savoir plus:
Document de synthèse (source: Agence de l'eau)
Carte interactive du fonctionnement de la nappe
Bulletins hydrogéologiques (annuels, mensuels)
































